Category Archives: Actualité

Scoop : Orange engagé pour cette cause nationale

C’était les 5 min de rire de la journée. Sur Numérama j’ai pu lire ceci :

Estimant être le « seul pure player du secteur en France « , Stéphane Richard souhaite mobiliser l’entreprise « pour cette cause nationale », en espérant ne pas être « entravé par les actions dilatoires de ses concurrents qui ne peuvent, ou surtout ne veulent pas, s’engager comme nous » a-t-il conclu, taclant SFR, Bouygues et Free.

Et oui, Orange est la source d’innovation en matière de communication en France. Il reprennent le nom qui Free a donné à sa boiboite, arrive toujours avec 15 mois de retard sur les offres, mais Orange s’engage. Bon ce qui est plutôt pas mal c’est que ce Môsieur avoue quand même :

Free est une belle machine qui a fait de grandes choses. C’est un concurrent redoutable

C’est proche de la contradiction, mais ça n’en est pas vraiment, donc on je ne le dirais pas. Ce qui est rassurant, c’est que Free va obtenir celle licence, et on va certainement voir fleurir des petits points de vente Free dans peu de temps, et avoir une véritable offre mobile dans quelques années.

free-orange-licence

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Google et Mozilla : ça va péter !

Ca fait des années, que ces deux là marchent main dans la main. On sait que leur but était de faire de l’ombre à Micro$oft, Mozilla voulait casser les dents d’Internet Explorer.

Ils étaient bien copains jusqu’à ce que Google lance Chrome. En plein débat sur Internet, la liberté, l’ACTA, la vie privée, le droit à l’oublie, cela ne fait que rajouter de l’eau au moulin. Je ne suis pas hyper parano, au point de surfer en anonyme dès que je veux faire une recherche, mais je dois avouer que les tentacules de Google commencent à prendre un peu trop de place.

Autant leurs services sont géniaux, autant il va falloir mettre un frein à tout ça. Le simple effet de consulter le dashboard de Google fait un peu froid dans le dos. Mais pourquoi il parle de ça lui ?

La vie privée ! C’est bien le sujet de ce billet. Vous en avez certainement déjà entendu parlé, car tout a commencé avec une déclaration du patron de Google Eric Schmidt : « S’il y a quelque chose que vous faites et que personne ne doit savoir, peut-être qu’il faudrait commencer par ne pas le faire ».
Et c’est à cause de ça, que Mozilla Europe avec Tristan Nitot lève les boucliers :

« nous devenons des enfants, emprisonnés par les yeux qui nous surveillent, craignant en permanence que – maintenant ou plus tard – les traces que nous laissons nous rattraperont, par la faute d’une autorité quelle qu’elle soit qui porte maintenant son attention sur des actes qui étaient à l’époque innocents et privés. Nous perdons notre individualité, parce que tout ce que nous faisons est observable et enregistrable (…) La liberté, c’est la sécurité sans l’intrusion, la sécurité avec en plus la vie privée. La surveillance omniprésente par la police est la définition même d’un état policier. Et c’est pour cela qu’il faut soutenir le respect de la vie privée même quand on n’a rien à cacher. »

Asa Dotzler lui va encore plus loin en indiquant un module pour passer sur Bing facilement, parce que dit il : « Oui, Bing respecte mieux votre vie privée que Google« , tranche Dotzler. »

google vs firefox

Je ne suis pas certain que l’un val mieux que l’autre, et à mon avis, on pointe plus facilement Google parce qu’il fait un peu claquer des dents, Bing est dans la vague, il se lance, dépenses des millions pour sa com’ et en tant que moteur de recherche et services, il est forcément beaucoup moins dangereux.

Alors que faire ? Se passer de ces deux géants ? Fini NetNewsWire avec Google Reader ? Finit Gmail ? Finit la recherche que l’on sait utiliser ? Finit les Google Doc ? Google Hosted (la liste est vraiment très longue)? Oui mais on fait comment ? Rien que d’en arriver à se poser cette question devient assez inquiétant.

Google est un modèle de réussite, et les gens qui ont fait Google ont travaillé pour ça, c’est tout à fait normal, mais il faut quand même faire attention à en arriver à ne plus faire de distinction : Google/Internet car Google ne doit pas être Internet, la neutralité serait également en danger, surtout avec la mise en place de sa toute nouvelle tentacule : Google DNS.

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Frédéric Lefebvre, un pirate du Web

Notre vedette internationale dans tout ces états. La vidéo se passe de commentaires non ? J’avoue que je ne sais même pas quoi dire en voyant ça, c’est juste lamentable, dérisoire, dans la tête je pense « pauvre type » mais je ne le dirais pas ici.

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Faut il réguler internet : Débat sur France 3

L’ouverture du Bal

J’ai été très excité à l’idée que Benjamin Bayart, qui explique les enjeux du contrôle du net, soit présent lors de cette émission, qui se retrouve dans un horaire où l’audimat est très restreint, mais rien de nouveau jusque là, c’est déjà une étape d’avoir eu un débat télévisé sur le sujet.

Personnellement le super reportage de France 2, qui coupe justement la section qui montrait à quel point hadopi était absurde techniquement (par Odebi) ressemblait plus à un reportage pro hadopi, pour cible ado : Regardez ce que vous allez pouvoir faire maintenant que le p2p est en déclin ! (je rappel que la parti odebi a été censurée, à 2h de la diffusion du reportage).

net-neutrality

Il faut malgré tout espérer, que cette émission soit une mise en bouche pour l’ouverture du débat, également sur ce média, qui est le moins intéressant, mais le plus consommé.

Internet est plein de terroriste, pédophile, de la vermine de ce monde.

Finalement, c’est une déception, le débat se lance, mais je suis certainement trop habitué aux interventions de qualité avec B Bayart où la parole devait être distribué aussi à l’autre parti, qui n’a fait que stigmatiser Internet. Jacques Séguéla et Frédéric Lefebvre, les champions du monde, des amalgames, Séguéla ment dès sa première intervention, en niant avoir dit que « Internet était la plus grade saloperie ».
Ces deux types d’un genre peu commun nous font la démonstration de « je sais pas de quoi je parle, mais regardez comment je maitrise ». On y apprends que Lefebvre est le premier compte certifié sur Twitter (clap clap!) et que Manaudou est détruite en tant que femme, à cause du grand méchant Internet.

Vous noterez que quand on demande si ce n’est pas à cause de l’éclatement des affaires, comme Hortefeux, « Casse toi pauv’con » etc, qu’il faut réguler la jungle du net, celui ci réponds tout simplement : « Pour moi ce n’est pas le sujet« . C’est quand même de la haute performance non ? Tu as lus le titre avant de venir ou tu as manger du clown ? Et il se barre après dans son délire comme une anguille qui nous file entre les doigts.

Est abordé la question de la conservation des données personnelles, et du droit à l’oubli; il était déjà assez difficile de faire un débat complet sur la régulation du net, il aurait été préférable de ne pas s’élargir sur ce type de questions, qui ont déjà été abordés sur une conférence à Sciences Po il y a quelques semaines.

On notera la conclusion de Benjamin Bayart, du haut de sa superbe cravate, que l’Internet n’est qu’à son commencement, qu’il lève des boucliers comme lors de l’arrivée de l’imprimerie : L’imprimerie a permit à l’homme de lire, Internet va lui permettre d’écrire.

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ACTA, HADOPI & co, Merci Zimmermann

Un petit billet, pour remercier Zimmermann pour son intervention à la Ubuntu party, j’ai pu l’écouter aujourd’hui, et son intervention est la plus importante, et vraiment ce que je retiens de la partie « Quel Internet après Hadopi ».

Petit rappel, J. Zimmermann est le co-fondateur de La Quadrature du Net, qui est une organisation de défense des droits et libertés des citoyens sur Internet. Le travail de cette organisation est remarquable, et c’est grâce à des personnes engagées, et très intelligentes, que l’on peut mieux comprendre les enjeux de tout ce qu’il se passe autour du débat Internet en ce moment.

Bref on va en venir à l’essentiel, je vous laisse écouter comment on démonte HADOPI, et commence à faire lever les boucliers contre l’ACTA en quelques minutes. Un grand merci à lui.

Ubunty party : Quel internet après HADPI : Zimmermann

ubuntu-party

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Hadopire tout pire : Le gruyer de l’UMP

Introduction

Je ne vais pas refaire les milliers d’articles qui grouillent pour expliquer les gros problèmes de l’hadopi, mais en dehors de toutes les inconstitutionnalités, les illégalités, les absurdités qui font jouir les UMPistes et autres parasites de la société, il y a autre chose qui n’a pas été soulevé, et qui mérite réflexion.

Vous me direz, ce n’est pas faute d’avoir essayé de soulever les différents soucis, les petits moutons de la majorité ont été appelés à voter, et ont voté, avec le couteau sous la gorge pour certain, mais c’est chose faite.

Maintenant, dès que serez pris en flagrant délit de téléchargement illégale, parce que vous trouvez affolant de ne pas pouvoir écouter une œuvre qui vous plait sans sortir 20€, ou que le film que vous êtes déjà allé le voir et que vous souhaitez le revoir le prix de la place de ciné frôlant déjà les 10€, le prix du DVD étant de 25€, 35€ par film, (sans compter que vous avez invité la voisine).
Aller! 45€ en moins, le découvert sera causé par votre PEL, et oui, il ne fallait pas aller au ciné ce mois ci !
Riposte graduée ? - La Quadrature du Net

Développement ou thèse

Pour en revenir aux faits, les méthodes pour contourner l’HADOPI sont déjà en train de se mettre en place, et en se penchant sur une des méthodes, il se rajoute un problème, que nos grands magouilleurs du dimanche vont devoir régler, ou pas…
En effet, dans un cas de figure, Papi a une connexion Internet, il vient de s’y mettre, et il a autre chose à faire que de colmater « Windobe », et est très content de son Wifi. Il est à la retraite, et il veut juste lancer Internet Explorer pour aller sur Gôgeule.
Mais, il a de charmants petits enfants criminels, qui savent déjà très bien qu’il coute plus cher de télécharger un contenu illégal que de risquer de tuer quelqu’un en voiture (qui a dit que vos vies étaient moins importantes que le porte monnaie des majors ?).
Mais, en pleine adolescence, ils sont rebelles, et n’ont pas un rond. Ils vont donc lancer Kazaa et hop! La suite, vous la connaissez. Papi a reçu 3 courriers qu’il ne comprend pas, et qu’il prend pour une plaisanterie.

data center hadopi

Développement (suite), ou anti-thèse

Donc Papi n’a plus de connexion Internet, puisque c’est pas son métier, et récolte une belle amande. Maintenant, prenons le cas d’un Geek averti, qui s’est lancé dans l’aventure du serveur dédié.
Il contacte un prestataire X, chez lequel il va louer le serveur, qui rappelons le, n’appartient pas au Geek (oui c’est le principe de la location). Et il se dit, qu’il pourrait lancer un logiciel de de pire tout pire. « Je pourrais contourner HADOPI ! Heiiin !? » (Oui il est ch’ti…)
Et le vilain pirate, criminel, cyber-terroriste, cyber-fasciste, collabo, appelez le comme vous voudrez, récupère sur son ordinateur les fichiers de manière chiffrée (SFTP etc..) Mais la Haute Autorité l’attendais au passage, et PAF, coupe la connexion du prestataire X, qui est responsable de la ligne pardi ! Enfin quoi ? Dans le cas de Pépé c’était pareil non ?

Je vous vois venir, la coupure ne sera pas automatique sur HADOPI. Si Internet vous fait manger, le juge pourra être indulgent, mais il reste l’amande. Donc vu que Pépé payait l’amande, le prestataire X devra en faire autant. Rappelez vous de certains soucis avec l’hébergement de fichier torrent ;)

Conclusion

C’est hadopire en pire…

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La Lutte Informatique Offensive menace le débat démocratique en France : Odebi

Le site de la Ligue Odebi, hébergé en Suisse, a subi une attaque par déni de service distribué qui l’a rendu indisponible à la veille du vote d’un projet de loi censé instaurer la riposte graduée sur l’internet français [1]. C’est la seconde fois que le site de Odebi subit une attaque informatique, provenant physiquement de l’étranger.

Il va sans dire que de telles attaques, à la veille d’examens parlementaires, ne peuvent à l’évidence pas être imputées à des hackers iraniens opérant derrière des routeurs wifi à Tel Aviv (attaque du site Odebi le 6 avril 2004, deux jours avant l’examen en seconde lecture de la LEN [2] par le Sénat), ou à de quelconques entités russes(attaque de ce week end, précédant le vote du 15 septembre à l’assemblée nationale).

hadopi odebi democratie

Odebi est toujours restée sur le terrain du débat informationnel, parfois certes vivement, mais toujours avec des arguments solidement fondés, et dans le respect du cadre légal.

Généralement, le gouvernement français doit bien comprendre que l’introduction de la Lutte Informatique Offensive est une erreur lourde de conséquences : Une telle escalade ne peut que mener à des ripostes utilisant des armes équivalentes.

Odebi, tout en regrettant une escalade à laquelle personne n’a intérêt, ne pourra fondamentalement pas condamner des ripostes à des attaques illégales contre la liberté d’expression, qui menacent gravement le débat démocratique en France.

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Ligue ODEBI : Communiqué

Alors que certains se réjouissent de l’attaque contre le site d’information de la ligue odebi, nous sommes au regret de leur annoncer que nous sommes toujours présent sur la toile.
L’adage disant que ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort se vérifie aujourd’hui même. Depuis l’attaque, le groupe facebook de la ligue odebi à augmenté ses membres de près de 30% , signe que sur internet la solidarité n’est pas un vain mot. Dès lundi, le site sera de nouveau accessible, juste à temps pour relayer les débats sur le projet de loi hadopi à l’assemblée nationale.

hadopi

Il est lamentable que certains cautionnent ce genre de méthode lorsque c’est une association de défense des droits qui est visée mais qu’ils s’offusquent lorsque c’est un site de propagande ou le gouvernement s’allie aux industriels de l’audiovisuel (lestelechargement.com) pour promouvoir une loi (la loi DADVSI) qui n’a jamais été appliquée par la suite.

Durant tout le week-end la ligue continue ses actions en diffusant massivement sur internet les arguments relatant la réalité du projet de loi Hadopi. Un argumentaire étayé par les études de grande universités mondialement reconnu et par les opinions de vrais artistes (Radiohead, Robbie Williams, Annie Lennox Tom Jones, Francis Lalanne, Cali, Indochine….).

Le tractage dans différentes villes de France se poursuit aussi afin de maintenir un contact entre les internautes et la rue, pour faire comprendre aux gens que ce projet de loi fait de tous les français ayant une connexion internet des criminels en puissance même sans le savoir. La présomption d’innocence n’est pas encore un vain mot dans notre pays.

Dans le même but informatif, nous contacterons à nouveau les députés ce lundi par tous les moyens à notre disposition afin de leur rappeler que leur devoir est envers la France et sa population.
Nous ne laisserons pas des groupes internationaux et leurs lobbys confisquer la liberté et le droit d’expression sur internet. Si le gouvernement les soutient, c’est son choix, mais les députés sont les élus du peuple, pour le peuple et par le peuple, ils se doivent d’être des arbitres impartiaux de ce débat.

Dans le cadre de l’opération vote propre lancé par la ligue odebi, nous publierons les condamnations pénales des députés qui ont voté en faveur du projet de loi. Puisqu’ils se rangent du coté de ceux qui s’auto proclament «de bonne morale », ils faudra qu’ils justifient en quoi être condamné par la justice française favorise la morale en politique.

odebi-logo

L’examen de ce projet de loi à déjà démontré quelles sont les méthodes des partisans de l’hadopi. Entre les petits arrangements avec la vérité et les insultes haineuses à l’encontre des opposants à ce projet de loi, ils est difficile d’entrevoir un quelconque argument.
La ligue odebi encourage chaque citoyen à écrire à son député afin de l’informer de l’importance que revêt à ses yeux la préservation des droits et libertés fondamentaux que ce soit sur internet ou dans la vie réelle.

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La ligue ODEBI et l’armée numérique

Devant l’urgence de coordonner une réponse globale contre les lois liberticides depuis plusieurs années, la Ligue ODEBI construit une armée numérique. L’objectif « de ses soldats » sera de mener une guerre de l’information contre nos ennemis en respectant les lois républicaines.

La Ligue ODEBI formera ses sympathisants à l’infoguerre ou guerre de l’information « dans une école de recrue ». Attention nous parlons d’une « infoguerre cityoenne » et respectueuse des lois Françaises et « éthique ».

Les internautes interressés par l’école de recrue « infoguerre » peuvent se signaler à la suite de ce thread : http://www.odebi.org/forums/index.php/topic,22.0.html .

Il faut pour cela s’être inscrit sur le site de la ligue odebi :

http://www.odebi.org/user/register

Puis signaler sa volonté de rejoindre l’école de recrue « infoguerre » dans ce forum….

nous vous contacterons ensuite pour vous adresser à l’école de recrue.

ligue odebi

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La riposte graduée selon Odebi

yalta hadopi odebi

La riposte gra­duée, rap­pe­lons le, n’a pas été inven­tée par Pascal Rogard, ce der­nier n’en a fait qu’une odieuse contre­façon, bafouant les droits d’auteur de Robert MacNamara, dont les des­cen­dant n’ont — à notre connais­sance — pas (encore) porté plainte.

Le prin­cipe de base de la riposte gra­duée est simple : plu­tôt qu’une attaque mas­sive contre les inter­nautes télé­char­geurs, telle qu’elle a été pra­tiquée aux Etats-Unis, et qui n’a eu pour seul effet que de détruire l’image de marque des majors à tra­vers bon nombre de pro­cès aussi reten­tis­sants que ridi­cules, on frap­pe­rait de façon plus légère mais plus systématique.

Le coup de génie de la SACD et de la mis­sion Olivennes, qui avaient bien appré­hendé l’effet dévas­ta­teur de la tac­tique amé­ri­caine en terme d’image pour leur cré­me­rie, fut sans nul doute de faire por­ter (et finan­cer) le dis­po­si­tif par l’Etat, pen­sant au pas­sage s’épargner les retom­bés néga­tives (et faire de sub­stan­tielles économies).

C’était sans comp­ter sur la réac­tion du “corps social” de l’internet, qui s’est lar­ge­ment rebellé, a inten­si­ve­ment com­mu­niqué, et a fini par convaincre suf­fi­sam­ment de poli­tiques que tout cela n’allait pas dans le bon sens. Acte 1, Hadopi 1.

Acte 2, Hadopi 2

Nous voilà donc à la veille de Hadopi 2, plus méchant, plus féroce, basé sur la doc­trine des repré­sailles mas­sives, avec un camp des pro Hadopi qui ne s’imagine pas un ins­tant que le camp d’en face puisse, lui aussi, pro­por­tion­ner sa riposte.

Ceci n’est pas une guerre froide, c’est une guérilla !

Ce modèle de la guerre froide, qui traîne de toute évidence dans la tête de nos chers diri­geants, est par­ti­cu­liè­re­ment à coté de la plaque. S’ils forment, du coté du pou­voir en place et des lob­bys, un front — rela­ti­ve­ment — uni, ayant une stra­té­gie com­mune, ce n’est abso­lu­ment pas le cas du camp d’en face.

Avec la même assu­rance que l’armée amé­ri­caine arri­vant à Bagdad, les pro Hadopi risquent fort de s’apercevoir, trop tard, que leurs adver­saires sont divers, variés, aux moti­va­tion éclec­tiques, et aux tac­tiques mul­tiples. Pire encore, il n’existe entre eux aucune coor­di­na­tion for­melle, ni même d’accord tacite entre ce qu’il convient de faire et ce qui, au contraire, n’est pas admis­sible. Pas de conven­tion de Genève du cybe­res­pace, somme toute.

C’est là qu’arrive la ligue Odebi et ses posi­tions pour le moins radi­cales. Fondée ini­tia­le­ment pour por­ter la voix des consom­ma­teurs face à des four­nis­seurs d’accès abu­sifs, la ligue Odebi a trouvé dans Hadopi un bain de jou­vence. Devant l’incapacité des anti Hadopi à trans­for­mer dans le réel leur pro­tes­ta­tion en ligne, elle a appliqué l’un des conseils de l’Art de la Guerre, faire entrer l’ennemi sur son ter­ri­toire pour mieux l’attaquer.

Or c’est pré­ci­sé­ment ce qu’est en train de faire le pou­voir en place. Site média Elyséen en vue, site col­la­bo­ra­tif du parti au pou­voir à l’horizon, pré­sence de plus en plus marquée sur Facebook et autre lieux sociaux, petit à petit, les tenants de l’Hadopi inves­tissent — plus ou moins mal­adroi­te­ment — les grandes plaines de l’internet. Plaines où, là encore Sun Tzu le leur aurait pros­crit, ils sont tota­le­ment à découvert.

Les pre­miers atten­tats sui­cides, annon­cia­teurs d’un car­nage à venir

La tac­tique de la ligue Odebi est très simi­laire à celle des atten­tats sui­cide coor­don­nés, les morts res­tants vir­tuels, bien sûr. Dans un pre­mier temps, l’armée recru­tée par la Ligue, qui comp­te­rai à ce jour plu­sieurs cen­taines de volon­taires, équi­pés de tous les moyens néces­saires pour par­cou­rir le web de façon intraçables, se créent des iden­ti­tés sur une mul­ti­tudes de pla­te­formes en pré­vi­sion d’attaques à venir. Ils se fondent dans la popu­la­tion, tout comme Mohamed Atta en son temps, atten­dant le signal qui déclen­chera une opé­ra­tion dont ils ne connaissent pas les détails, jusqu’au der­nier moment.

Une fois le signal lancé, ils fondent sur la cible qui leur a été dési­gnée et font explo­ser leurs bombes, consis­tant à expo­ser aux yeux de tous les motifs de leur mécon­ten­te­ment, lar­ge­ment argu­men­tés. Les argu­ments contre Hadopi étant tota­le­ment impa­rables, il ne reste aux mal­heu­reuses vic­times que la solu­tion de la cen­sure, un véri­table aveux d’impuissance publique. Evidemment, l’identité créée en pré­vi­sion de l’attaque est défi­ni­ti­ve­ment hors d’usage, mais qu’importe, rien de plus simple que d’en créer une nou­velle, et on ima­gine bien que l’armée Odebi dis­pose déjà, en réa­lité, d’une quan­tité impres­sion­nante de fausses iden­ti­tés, prêtes à se faire explo­ser à tout moment, un peu par­tout dans les rangs des pro Hadopi.

Pour l’instant, les vic­times se nomment François Fillon sur Facebook ou Patrick Bruel. Le signal est clair, pour les poli­tiques sur Facebook, le ter­rain est désor­mais miné — Fillon s’est résolu a effa­cer toutes les contri­bu­tions sur sa page. Pour les artistes pro Hadopi, leurs opé­ra­tions mar­ke­ting sur inter­net sont désor­mais com­pro­mises, ils n’y sont plus les bien­ve­nus, et toute ten­ta­tive de com’ de leur part sera désor­mais sys­té­ma­tique­ment sabo­tée. Plusieurs des artistes vic­times des atten­tats de la Ligue se sont réso­lus à fer­mer tout bon­ne­ment leurs sites par­ti­ci­pa­tifs. Plus moyen pour eux d’interagir avec leur fans.

Il y a toutes les chances que de telles opé­ra­tions se repro­duisent encore et encore, tout d’abord parce que — comme les can­di­dats au sui­cide d’Al Quaïda, peu de volon­taires suf­fisent pour pro­voquer des dégâts conséquents, visibles, et semant la panique dans les rangs des oppo­sants, ensuite parce que leur stra­té­gie est impa­rable, effi­cace, et a toutes les chance de rem­por­ter l’adhésion des inter­nautes, ainsi que d’en ins­pi­rer d’autres (moi même, d’ailleurs…)

La ten­ta­tion de l’illégalité

La Ligue prend soin — pour l’instant — de res­ter dans la léga­lité, les mes­sages que son armée poste dans les îlots des pro Hadopi sont un rap­pel des argu­ments contre la loi, des copier-coller de dif­fé­rents articles qui ont fait réfé­rence dans la lutte contre Hadopi (dont cer­tains sont issus de ce blog, au plus grand mépris du res­pect des droits d’auteurs ;-) . Rien d’illégal jusqu’ici (aucun des auteurs des articles reco­piés n’ayant la moindre inten­tion de por­ter plainte).

Deux choses pour­raient pous­ser la ligue dans l’illégalité. La pre­mière serait une déci­sion de jus­tice, sous l’amicale pres­sion du pou­voir. La seconde serait une déci­sion de la Ligue elle-même, qui met­trait à exé­cu­tion sa menace — redou­tée — de publier publique­ment les casiers judi­ciaires de tous les dépu­tés ayant voté pour Hadopi.

Quelque soit ce qui pour­rait pous­ser la Ligue a pas­ser dans l’illégalité, nous assis­te­rions de façon irré­vo­cable à une course — de part et d’autre — aux armements.

Faire pas­ser des pro­fes­sion­nels de l’internet dans l’illégalité, c’est les mettre dans le même camp que les ges­tion­naires de bot­net — ces réseaux d’ordinateurs zom­bie capables de faire tom­ber Twitter — des spam­meurs, des fabri­cants de virus et autres cri­mi­nels du cybe­res­pace. Autant dire que cela ne ferait qu’élargir qua­si­ment à l’infini leur capa­cité ‘mili­taire’, leur poten­tiel de nui­sance face à un pou­voir en place obs­tiné serait qua­si­ment illi­mité. C’est en décla­rant la por­no­gra­phie illé­gale sur le ter­ri­toire Russe, par exemple, que les mar­ke­teux du X slaves se sont fait une spé­cia­lité dans le spam.

Peu de chance, dans une telle confron­ta­tion, que l’Etat et ses amis arrivent à main­te­nir en place un seul de leurs sites, on se rap­pelle de la faci­lité avec laquelle le site ‘jaimelesartiste.com’ avait été rayé de la carte. Tous les sites d’artistes et les sites de poli­tiques seraient poten­tiel­le­ment menacés.

Mais le pou­voir, en face, ne manquera pas de faire, lui aussi, la course aux arme­ments. Censure, répres­sion, obli­ga­tion pour tous les sites par­ti­ci­pa­tifs de recueillir des preuves d’identité comme en Corée, quitte à pié­ti­ner l’économie numé­rique Française et les liber­tés fon­da­men­tales, l’Etat a lui aussi un poten­tiel non négli­geable dans la course aux arme­ments. Le bud­get (pour l’instant modeste, de quelques dizaines de mil­lions) pour la cyber sécu­rité annoncé par François Fillon avant l’été pré­fi­gure d’ailleurs cela.

Qui gagnera au final ? La Ligue, qui aurait vite fait de s’organiser en réseau, ne pourra très vrai­sem­bla­ble­ment jamais être déman­te­lée, le pou­voir en place pourra, face à un inter­net qu’il stig­ma­ti­sera faci­le­ment comme étant dans le camp des méchants, mettre en place un véri­table mini­tel 2.000 où seules les sources offi­cielles seront en mesure de s’exprimer et où tout le monde sera sur­veillé, les seuls per­dants seront, en réa­lité, les inter­nautes (et l’économie numé­rique). La popu­la­tion civile, en quelque sorte, coin­cée entre la folie (e)meurtrière des uns et les ambi­tions (e)despotiques des autres (une situa­tion clas­sique en temps de guerre, me direz-vous).

Dès lors, la menace de la Ligue de publier les casiers judi­ciaires des dépu­tés pro Hadopi est plus une menace pour les inter­nautes que pour les dépu­tés. Jamais un homme poli­tique Français n’a vu sa car­rière mena­cée par de telles révé­la­tions, et même si la Ligue, on s’en doute, publiera par la suite bon nombre de révé­la­tions gênantes pour le pou­voir, qui pour l’instant prennent la pous­sière dans la plu­part des salles de presse pari­siennes, dis­cré­di­ter une classe poli­tique déjà mal en point ne fera pas avan­cer grand chose.

Car les sources d’informations de la Ligue en matière de révé­la­tions gênantes sont presque infi­nies, les anti Hadopi étant par­tout où se trouve le numé­rique, c’est à dire tout près de l’information. La quasi tota­lité des per­sonnes com­pé­tentes en matière d’internet est contre cette loi, et le taux de conver­sion parmi celles-ci, au coté ‘obs­cur’ de la lutte risque fort d’entrainer aussi bien un res­pon­sable de l’informatique au minis­tère du bud­get, qui aurait vite fait de récu­pé­rer les décla­ra­tions d’impôt de la classe poli­tique, que des membres des forces de police, sans comp­ter nombre de jour­na­listes, frus­trés, à juste titre, de n’avoir pas avoir été auto­ri­sés par leur direc­tion à écrire au sujet d’Hadopi quand la bataille fai­sait rage au sein de la blo­go­sphère, c’est à dire jusqu’au der­nier moment, quand le PS a fait échouer le vote final de la loi.

Cessez le feu ?

En Allemagne la guerre a déjà com­mencé, ce sont désor­mais une très large part des inter­nautes qui se rebellent contre la classe poli­tique, au point que Der Speigel se pose ouver­te­ment la ques­tion de savoir si “les par­tis de gou­ver­ne­ment se mettent à dos toute une géné­ra­tion” (ce qui éclaire d’un jour nou­vau la stra­té­gie du PS, entre se mettre à dos les artistes en mai­son de retraite et les jeunes, sur le plan élec­to­ral, il n’y a pas photo).

L’annonce, via le Canard Enchaîné, du report de la loi Loppsi, avait donné l’espoir d’une pos­si­bi­lité de négo­cia­tion et de dia­logue entre le pou­voir et une repré­sen­ta­tion impro­vi­sée des inter­nautes, et l’aspect juri­dique­ment ridi­cule d’Hadopi 2 le condam­nait, presque à coup sûr, à n’être qu’une loi inap­pli­cable de plus, si tant est que son décret d’application soit publié. Mais de nou­veaux éléments — en dehors de la menace de la Ligue Odebi — font craindre désor­mais une guerre nucléaire.

La charge de Franck Louvrier dans les colonnes du Monde, la semaine der­nière, vécue par la plu­part des acti­vistes anti Hadopi comme une pro­vo­ca­tion, semble n’avoir pour seul but que de mener à cette guerre, mais il serait bon, au sein du camp des anti Hadopi, de mesu­rer à quel point le pou­voir est décidé (ou non) à pas­ser à l’échelon supé­rieur dans la guerre qui l’oppose à inter­net avant de déclen­cher l’arme nucléaire, ou plu­tôt la gué­rilla à outrance, pour reprendre ma méta­phore Irakienne.

Les projets de carte d’identité numé­rique qui se des­sinent der­rière la dia­lec­tique dou­teuse du conseiller de l’Elysée oublient que — contrai­re­ment à ce qu’il se passe en Corée — la plu­part des pla­te­formes par­ti­ci­pa­tives uti­li­sées en France (en dehors de Skyrock) sont d’origine étran­gère — fai­blesse de l’économie numé­rique locale oblige — et que les amé­ri­cains, eux, seront tota­le­ment oppo­sés à ce concept. Cette menace ne repose en réa­lité sur pas grand chose, elle ne ferait que faire dis­pa­raitre les pla­te­formes com­mu­nau­taires Françaises au pro­fit de leurs concur­rentes américaines.

D’un autre coté, lan­cer la pre­mière attaque nucléaire serait, pour la Ligue Odebi, une res­pon­sa­bi­lité immense. Qui peut un ins­tant ima­gi­ner que des dépu­tés, déjà lour­de­ment soupçon­nés de pas­si­vité face à un exé­cu­tif qu’ils sont cen­sés équi­li­brer, si ce n’est tout bon­ne­ment de cor­rup­tion, puissent prendre le risque de céder au chan­tage de la Ligue pour ajou­ter à la liste des qua­li­fi­ca­tifs celui de pleutres ?

Le pas­sage d’une confron­ta­tion dia­lec­tique — rem­por­tée de façon fla­grante par les anti Hadopi — à une véri­table guerre aura des conséquences dra­ma­tiques. L’économie numé­rique Française en sera la pre­mière vic­time, l’image de marque de la France comme pays des droits de l’Homme vien­dra juste après, Hadopi ayant braqué toute l’attention des média étran­gers, notam­ment anglo­saxon, sur les suites que le gou­ver­ne­ment Français don­nera à l’échec de Hadopi 1.

Nul doute que ces média se délec­te­rons des révé­la­tions faites, que ce soit les casiers judi­ciaires des dépu­tés ou la mul­ti­tudes de scan­dales jusqu’ici étouf­fés qui ne manque­ront pas d’apparaître au grand jour. Nulle doute que la mon­tée d’une dic­ta­ture en ligne, à l’heure où les pays anglo-saxons s’efforcent, avec plus ou moins de suc­cès, à plus de trans­pa­rence en ligne et à l’e-démocratie, trans­for­mera irré­mé­dia­ble­ment l’image du pays.

Encore une fois, per­sonne ne sor­tira vainqueur d’une telle confron­ta­tion. Il est temps de poser les armes et de dia­lo­guer. Hadopi était une erreur, cette loi n’a fait que détruire une bonne part de la rela­tion de bon nombre d’artistes à leur public — écueil que les artistes anglais ont évité à tout prix, et a semé le doute dans l’esprit de toute une géné­ra­tion sur la légi­ti­mité d’une classe poli­tique à les repré­sen­ter, à défaut de les com­prendre. Il est pro­ba­ble­ment temps d’arrêter les dégâts avant que Hadopi ne devienne syno­nyme d’une perte de confiance totale de toute une géné­ra­tion dans leurs ins­ti­tu­tions républicaines.

Article cross-posté depuis RWWfrance par Fabrice Epelboin

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